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Loi de programmation pluriannuelle de la recherche : notre recherche sera-t-elle suffisamment armée ?

Le SNPTES a participé, par visioconférence, ce mercredi 25 mars à une réunion en présence de Frédérique Vidal, ministre de l’ESRI, de son cabinet et de la direction générale des ressources humaines de l’enseignement supérieur et de la recherche (DGRH). Cette réunion faisait suite aux annonces du Président de la République concernant l’investissement de 25 milliards d’euros sur 10 ans dans la recherche publique.

Ainsi, la ministre et son cabinet ont confirmé au SNPTES que cette somme, qui conduira donc à une augmentation de 5 milliards du budget de la recherche à l’horizon 2030, était bien l’arbitrage financier porté par la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Ces 5 Md€ représenteront une augmentation de 25% par rapport à l’investissement actuel de la France dans la dépense intérieure de recherche et développement exécutée par les administrations (DIRDA estimée proche des 0.8%PIB en 2019, soit autour de 19 Md€). Cependant, et sans pouvoir présager de ce que sera le PIB de la France en 2030 et les conséquences de la crise sanitaire du COVID-19, cet investissement ne permettra sûrement pas d’atteindre les 1% du PIB que la France s’était fixée comme objectif en 2000 !

Si cette réunion n’avait pas pour objet de rentrer dans des détails de la ventilation de cet investissement, elle a quand même permis d’en dégager les grands principes. Ainsi, sur le plan du financement de la recherche à proprement parler, les objectifs de porter le taux de succès des projets déposés à l’agence nationale de la recherche (ANR) à 30% ainsi que d’augmenter les préciputs à 40% ont été confirmés au SNPTES. Le budget de l’ANR devrait ainsi augmenter de 1 Md€ dès 2027. Des mesures salariales pour améliorer l’attractivité de l’ensemble des métiers seront également concernées par cet investissement dont l’enveloppe dédiée atteindrait, dès 2027, 644 millions d’euros (inclus dans les 5Md€).

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Alors, doit-on se satisfaire de cet arbitrage ? Évidemment, les montants évoqués ne sont pas en soi négligeables et rejoignent sur certains points les revendications du SNPTES. Le SNPTES ose penser que son action constructive, sans être béate, a permis d’atteindre ces montants. Cependant, le SNPTES ne peut clairement se contenter que la montée en charge soit étalée sur 10 ans. Comme le SNPTES l’a martelé tout au long des négociations de la LPPR, la recherche publique française a besoin d’un investissement massif et rapide, un choc d’investissement. Le SNPTES revendiquait une augmentation du budget dédié à la recherche d’au minimum 5 Md€ en 5 ans, soit au minimum un investissement de 37,5 Md€ sur 10 ans (donc +50% par rapport à ce qui est avancé). La proposition du gouvernement ne permettra pas pour le SNPTES d’effets d’entraînement significatifs. Or notre recherche et les personnels qui la servent en ont besoin.

Ainsi, de nombreux problèmes doivent être encore abordés et le SNPTES va continuer de jouer son rôle et de se battre pour que l’État investisse dans la recherche et considère les personnels à la hauteur de ce qui est nécessaire. Ce combat commence par obtenir le maximum de gages et donc une loi de programmation qui engage l’État sur une période qui verra deux mandatures présidentielles supplémentaires !

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